Quand les cartes de fidélités sont un moyen de vendre du crédit revolving…

Vous ne le savez peut être pas ou tout du moins n’y avait pas vraiment apporté toute l’attention qu’il convient mais votre carte de fidélité qui vous permet de faire vos achats à crédit n’est ni plus ni moins qu’un outil permettant aux organismes de crédit de vous vendre un crédit renouvelable, également appelé crédit revolving, réserve d’argent reconstituable et encore d’autres appellations que nous citerons plus tard.

Afin d’être le plus pragmatique possible, nous allons abordé le crédit renouvelable souscrit par l’intermédiaire d’une carte de fidélité sous la forme d’un cas pratique.

Madame X adore se balader sur le boulevard Haussmann et faire les boutiques du Printemps et des Galeries Lafayette. Il faut savoir que Madame X est férue de mode et qu’elle aime se faire plaisir. Alors lorsqu’un conseiller du printemps lui a proposé la carte de fidélité lui permettant de faire des achats à crédit, ses yeux se sont mis à briller en pensant aux dépenses qu’elle pourrait faire immédiatement. Nous ne vous l’avons pas dit mais Madame X, en plus d’être passionnée par la mode, est aussi une acheteuse compulsive. Aussi, lorsqu’un autre conseiller des Galeries Lafayette cette fois, lui a proposé une carte similaire, c’était Noël avec le traîneau, les cerfs et la neige et tout et tout…

Bien sur, les conseillers savent y faire pour vous vendre une carte de fidélité, aussi ont-ils indiqué à Madame X qu’en plus du crédit qu’elle souscrivait sur chaque carte de fidélité, elle aurait la possibilité de bénéficier d’offres promotionnelles.

Autant dire que la carte de fidélité devient un véritable miracle du dieu Consommation.

Que s’est-il passé lorsque Madame X a souscrit à l’offre de crédit ? Le conseiller l’a renseigné sur le fait qu’effectivement, acheté à crédit lui coûterait de l’argent, c’est difficile de faire autrement, mais qu’elle pourrait régler en plusieurs fois, par petites sommes, autant dire qu’elle ne le verrait pas passer. « En plus Madame X, vous êtes entièrement libre d’utiliser l’intégralité de la somme qui vous est allouée sur cette carte, ou simplement une partie. Sachez bien que les intérêts ne courent que sur le montant emprunté ». Et s’il était nécessaire d’achever l’argumentaire devant le peu de réticence de Madame X, le conseiller s’efforçait simplement de rajouter : « Madame X, cette carte n’a que des avantages car vous pouvait toujours rembourser en anticipé et cela sans frais ».

Et oui Madame X, cette carte n’a que des avantages à en écouter votre conseiller et maintenant nouvel ami.

Le crédit revolving est-il vraiment intéressant ? Puisque c’est de cela qu’il s’agit au travers de cette carte de fidélité.

La réalité est tout autre et tient au fait que ce genre de crédit est souvent souscrit par des personnes qui n’ont pas vraiment les moyens de les assumer. Pour vous en convaincre, quelques chiffres :

– 40% des souscriptions à des offres de crédit renouvelable sont faites par des ménages à revenu modeste (compris entre 11 478 et 20 942 euros).

– 2/3 tiers des ménages qui passent en commission de surendettement ont contracté une ou plusieurs offres de crédit renouvelable.

Il s’agit d’un fait social qui a deux origines : la pression sociale exercée sur chaque individu qui est jugé et jaugé par ses pairs en fonction des signes extérieurs de richesse qu’il peut afficher et les habitudes de consommations érigées par une société du « tout et tout de suite » qui banalise le recours au crédit, voir le magnifie. DEUS EX CREDITAE !

C’est bien souvent les plus faibles psychologiquement et financièrement qui craquent facilement face à de telles offres de crédit.

Qu’en est-il des frais liés au crédit revolving ?

On peut se demander légitimement quel est le coût d’un tel crédit étant donné leur pullulation ces dernières décennies et la facilité avec laquelle ils sont placés dans les foyers. Il ne faut pas s’illusionner car il ne s’agit pas pour les organismes de crédit de faire du social n’y d’apporter un réel services mais bien d’obtenir des rentabilités importantes sur des prêts souscrits sans analyse approfondie des capacités de remboursement. La législation semble d’ailleurs vouloir évoluer en 2010 avec une réforme du crédit revolving… Mais c’est un autre sujet que nous aborderons plus en détail plus tard.

On sait que le taux d’usure en France est plafonné à 21%, autrement dit, une offre de crédit reconstituable (un des synonymes du crédit revolving) ne peut dépasser ce montant. De fait, on voit des offres de crédit tournant en moyenne à 15% de taux d’intérêt. La variation générale se situe entre 12% et 20%.

Il y a généralement des frais d’assurance élevés accompagnant le crédit revolving.

On voit par exemple des offres de crédit à 4% voir 5% de TEG et 0,8% de frais d’assurance mensuelle. Lorsque le calcul est fait, 4% + 0,80% X 12 = 13.6%, le compte est bon.

Aussi Madame X devrait se méfier et ne pas regarder uniquement le TEG mais la globalité du coût du crédit.

Des conseils à donner à Madame X sur le crédit revolving…

On pourrait lui dire que plus les remboursements sont faibles, plus le crédit est long et plus il coûte cher. C’est un simple calcul arithmétique.

On pourrait également lui dire qu’elle ne devrait pas souscrire à moins d’être capable de connaître sa capacité de remboursement, sans même parler de remboursement anticipé.

Elle pourrait profiter du délai de rétractation de 7 jours pour calculer cette capacité de remboursement et voir s’il n’est pas plus judicieux d’attendre, pour une fois, d’avoir l’argent avant de le dépenser. Mais pour que les 7 jours soient valables, il ne faut pas qu’elle ait commencé à faire des achats avec et ça, pour Madame X, c’est très difficile.

Elle pourrait éviter de contracter les deux crédits renouvelables de chacune de ses cartes de fidélité. Contracter plusieurs crédits revolving mène très souvent au surendettement.

Si possible, Madame X devrait rembourser en anticipé quand sa situation financière le permet et éviter de rembourser sur une trop longue période (supérieur à 5 ans ça devient problématique compte tenu de la faiblesse des montants généralement emprunté).

Remarque sur cet article :

 Nous tenons à faire nos excuses à vous mesdames qui avez lu cet article et qui pouvez penser que de prendre l’exemple d’une femme dépensière est caricaturale et misogyne. Notre volonté était tout autre et nous aurions très bien pu prendre l’exemple d’un homme car ils sont tout aussi concernés. Nous ne pouvions simplement pas, pour des raisons de simplifications visant à faciliter la compréhension de tous, multiplier les exemples.

Donc encore une fois, nous vous prions de bien vouloir nous excuser.

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